Speed painting : la meilleure méthode pour améliorer ses dessins d’imagination.

Envoyer à un ami
  •  
  •  
  •  
  •  

Un des conseils que je donne quand un de mes élèves veut s’améliorer en dessins d’imagination est évidemment de pratiquer régulièrement.

C’est pourquoi la pratique du speed painting est un des meilleures exercices quand il s’agit de s’améliorer rapidement en dessin d’imagination.

Mais c’est quoi exactement le speed-painting, quels sont les bienfaits de cette pratique et finalement comment pratiquer cet exercice ?

Définition du Speed Painting

Définition officielle

Le speed painting (terme anglais signifiant « peinture rapide ») est une technique de peinture où l’artiste dispose d’un temps donné pour réaliser son œuvre. Ce temps peut, selon le cas, aller de plusieurs minutes à plusieurs heures

Source : Wikipédia
Le site Artstation est remplit de speed painting

Grosso modo, c’est 90% des images que vous voyez sous l’appellation « digital painting » sur Deviantart, Arstation et les galeries en ligne dans leur globalité.

Ma définition du speed painting

Permettez moi maintenant de vous partager ma définition du speed painting.
Le speed painting consiste à l’art de créer une illustration (souvent cinématographique) de 0 en un minimum de temps en ayant pour objectif la qualité de la globalité de l’image plutôt que sur ses détails ou sa prouesse technique.
On pourrait résumer ça à cette simple définition :

Le speed painting est une volonté de produire une image rapidement en allant à l’essentiel.

Quel matériel utiliser pour du speed painting ?

Comment choisir sa tablette graphique pour du speed painting ?

Le speed painting est avant tout pratiqué en numérique (sur Photoshop, Procreate, Paint Tool Sai ou un autre logiciel de dessin) grâce à une tablette graphique.

Quelle tablette graphique choisir ?

Pas besoin de vous procurer une Cintiq hors de prix pour commencer vos premiers speed paintings. J’ai personnellement commencé sur une Intuos de chez Wacom.

Le modèle importe peu : avec écran, sans écran, avec ordinateur intégré tout fonctionne ! Si vous n’avez pas encore acheté votre tablette graphique pour peindre votre premier speed painting, vous pouvez lire mon guide pour choisir votre tablette graphique.

Mais au vu de son aspect « sur le vif », une bête tablette premier prix (comptez 100€ maximum) fera amplement l’affaire !

Pas besoin d’acheter une tablette à 3300€ pour commencer le speed painting

Peut-on pratiquer le speed painting en traditionnel ?

Mais vous pouvez aussi utiliser une technique dite « traditionnelle » à condition de trouver un médium qui ne prenne pas trop de temps de séchage. Un speed painting sur toile est donc tout à fait possible !

Évitez par exemple l’aquarelle qui a tendance à sécher lentement… et si vous vous précipitez vous risquez d’obtenir ceci :

Perspective speed painting traditionnel à l'aquarelle

Vous avez peut-être déjà lu le terme « digital painting ». La différence peut-être difficile à percevoir.

Quelle est la différence entre digital et speed painting ?

Le « digital painting » veut tout simplement dire « peinture numérique ».
C’est l’acte de peindre grâce à l’aide d’un ordinateur, d’une tablette graphique et d’un logiciel de dessin numérique.

Ici pas de notions de vitesse. Vous dessinez autant que vous le souhaitez… tant que vous êtes face à un écran !

Les avantages du speed painting

Gagner en vitesse

Si vous voulez gagner en rapidité, une des meilleures techniques est de vous chronométrer ou de vous imposer un temps limité. J’en parlais d’ailleurs dans cet article.

C’est exactement ce que permet la pratique du speed painting.

Vous aurez peut-être du mal à illustrer votre premier dessin en moins de deux heures, mais illustration après illustration, vous arriverez à passer la barre des 30 minutes.
Et toutes vos productions futures subiront les conséquences positives de cet exercice.

Speed Painting veut dire littéralement peindre rapidement. Par conséquent à force de pratiquer le digital painting, vous gagnerez petit à petit en vitesse.
C’est donc un exercice très efficace pour les personnes qui trouvent qu’elles dessinent trop lentement, tels que les « perfectionnistes ».

Ce que j’appelle « les perfectionnistes », sont les artistes illustrateurs qui ont tendance à passer beaucoup -trop ?- de temps sur les détails que la plupart d’entres-nous ne verront pas.

Speed painting d'observation sur Procreate

La plupart des débutants en dessin croient souvent à tort que rajouter des détails apportera plus de réalisme à notre illustration. À vrai dire, c’est souvent l’inverse.

Pratiquer le speed painting quand on a un profil de perfectionniste, nous permet donc plus souvent d’aller à l’essentiel, gagner en lisibilité et même produire des illustrations souvent plus élégante.

Aller a l’essentiel

En pratiquant le speed painting, vous allez devoir petit à petit vous forcer à aller à l’essentiel et vous limiter à dessiner les détails. Ce sont les qualités nécessaires requises notamment aux « concept artists ».

Aller à l’essentiel est extrêmement important en dessin, cela vous permettra de créer des illustrations beaucoup plus lisible et ainsi beaucoup plus élégante.

Produire plus

Qui dit dessiner plus vite dit dessiner plus souvent. Ainsi vous pourrez terminer plus d’illustrations, tester plus de choses et donc vous améliorer beaucoup plus rapidement en dessin d’imagination.

C’est aussi la solution idéale si vous souhaitez étoffer votre portfolio !

Le speed painting est énormément pratiqué par les directeurs artistiques ou story boarder.
Leur métier demande de produire énormément d’images en très peu de temps.

Leurs objectifs n’est de ne pas produire une image parfaite mais de pouvoir très rapidement proposer des illustrations afin de communiquer avec le reste de la production sur des propositions de direction artistique, d’univers, de cadrage, de lumière.

Speed painting en valeurs

De nombreux livres rassemblent les croquis, concept arts, speed paintings de films connus.. J’ai d’ailleurs écrit une review de l’Artbook de Avatar que vous pouvez lire ici.
Je vous conseille grandement de jeter un œil à ce livre et ses concept art.

Vous verrez à quel point ce genre d’illustrations ne sont pas faites pour faire de belles images, mais des images compréhensible de tout le monde.

Suivre son intuition

Ce que j’apprécie personnellement dans le speed painting est son caractère chaotique. On a tendance à être plus souvent créatif et suivre son intuition : à revenir souvent en arrière, corriger par-ci par-là, et ajouter ou supprimer certains éléments au cours de la création de son dessin.

Il permet plus facilement l’erreur, ne suit pas réellement une méthodologie pure et dure et permet de laisser plus de place à son instinct.

Ne pas se lasser

Je ne sais pas combien de temps vous passez sur une illustration ? Pour ma part, cela se compte en minimum une dizaine d’heures.
Par conséquent il arrive souvent que l’on se lasse de notre illustration avant même de l’avoir terminé.

L’aspect « non fini » des speed paintings permet d’arrêter notre dessin à tout moment.
Pas le temps de se lasser donc, il suffit de passer au prochain !

Tester de nouvelles choses

À raison d’une illustration par mois cela vous fait 12 illustrations par an.

À ce rythme, l’erreur n’est pas possible et il est donc difficile d’expérimenter de nouvelles choses, de nouveaux sujets, de nouveau cadrage, de nouveaux univers.

Le speed painting compte tenu de son aspect non fini et expérimental vous permet justement de vous tromper.

Le résultat est finalement peu important.
Si cet exercice produit un début de jolie image, rien ne vous empêche de créer une illustration plus poussé.

Si vous souhaitez être directeur artistique, le speed painting est idéal pour travailler votre imagination et développer votre style (ou vos styles ?).

Être plus à l’aise avec sa tablette graphique

Un des premiers problèmes quand on débute le dessin numérique consiste à maîtriser sa tablette graphique. Si vous souhaitez faire un dessin très précis et poussé à la tablette graphique, vous risquez très vite de déchanter.

C’est pourquoi l’exercice du speed painting vous permettra plus facilement de produire des illustrations, de vous entraîner à la tablette graphique, et d’expérimenter sans trop de difficulté avec votre stylet.

C’est d’ailleurs ce que je préconise dans la formation pour « Maîtriser sa Tablette graphique ».

Comment commencer le speed painting ?

Si vous n’avez jamais réellement dessiné et que vous souhaitez commencer le speed painting digital, il vous faudra passer par quelques étapes simples .

Quel logiciel apprendre ?

Il existe de nombreux logiciels de dessin numérique. Le plus connu étant Adobe Photoshop.


Je propose d’ailleurs moi-même un cours sur Photoshop pour le dessin.

Formation pour apprendre Photoshop
Photoshop peut être un bon moyen pour commencer le speed painting

Vous pouvez aussi utiliser Procreate qui n’est malheureusement disponible que sur iPad. Cependant, il est très facile à prendre en main et ne coûte pas très cher. (10,99 €)

En alternative gratuite, vous pourrez utiliser Gimp ou Krita.

Maîtriser sa tablette graphique

Vous allez très vite vous rendre compte que dessiner sur une tablette graphique est très différent que de dessiner sur un ordinateur.

Il va donc falloir vous habituer à utiliser cette tablette. Pour cela vous pouvez suivre mes 7 exercices pour être à l’aise avec sa tablette graphique.

Dur de maîtriser sa tablette graphique
Vous apprendrez que dessiner avec un crayon et un stylet est très différent.

Apprendre le Dessin d’imagination

Et oui haha, va bien falloir y passer à un moment donné !
Pour cela, si vous voulez faire les choses bien, vous allez de voir passer par les 3 phases en dessin.

Cependant rien ne vous empêche bien évidemment de brancher une tablette graphique et de vous lancer !
Qui sait… vous risqueriez d’y prendre goût 😉

Comment faire un speed painting en quelques étapes

Vous l’avez compris je crois vraiment que le speed et finalement une espèce d’énorme popote où l’on peut avoir une idée en début d’illustration et de se retrouver avec quelque chose de totalement différent à la fin du temps imparti.
Cependant, il peut être intéressant d’avoir une vraie méthode étape par étape afin d’apprendre à faire du speed painting.

C’est ce que je vous propose ici.

Libre à vous de suivre les étapes mais aussi de revenir en arrière lorsque vous le souhaitez, d’en sauter certaine et de vous arrêter quand il vous chantera.

Vous pouvez aussi regarder cette vidéo où je commente un de mes propres speed paintings.

Étape 1. Trouver son médium

La première étape consiste à trouver son médium.
À l’origine, le speed painting se pratique avec une tablette graphique, un ordinateur est un logiciel de dessin type Photoshop.

Cependant vous pouvez aussi le pratiquer en traditionnel.

Je vous conseille malgré tout de choisir une technique qui sèche rapidement afin de ne pas attendre bêtement que votre dessin soit prêt pour l’étape suivante.
Autre astuce : préférez un médium qui ne demande pas trop de précision (comme le crayon de couleur).
Vous risqueriez de vous attarder inutilement sur les détails.

Préférez des pinceaux larges, ou des feutres à grosse pointe sur un petit format !

Étape 2. Choisir son sujet

Il faut ensuite choisir un sujet. Allez-vous dessiner un chevalier en armure fasse un dragon maléfique ?

Ou un marché oriental dans le désert ?

Je vous conseille de vous écrire une phrase comportant sujet + verbe + lieu au minimum afin de trouver QUOI dessiner.

Libre à vous de changer d’avis au fil des coups de pinceaux.

Étape 3. Choisir son cadrage

Choisissez enfin votre cadrage. Souhaitez-vous un format horizontal, vertical ou carré ?

Définissez aussi la composition de votre image : la hauteur, l’inclinaison et même la lentille de votre caméra.
Cela vous donnera une structure minimum pour votre dessin.

Un simple sketch vous permettra de tester de nouvelles choses sans pour autant aller trop dans le détail.

Idem, expérimentez ! Si vous dessinez en numérique vous pourrez facilement changer votre format en cours de route.

Étape 4. Choisir sa source de lumière

Après avoir rajouté quelques éléments à votre illustration (personnage, accessoires, architecture), n’oubliez pas la source et le type de lumière !

Est-ce une lumière naturelle ou artificielle ? Où est-elle placée, et de quelle couleur est-t-elle ?

Pour vous simplifier la tâche, vous pouvez penser votre illustration en niveaux de gris.

Étape 5. Choisir ses couleurs

Vient l’étape de la colorisation !

La couleur de votre lumière défini à l’étape précédente vous donnera déjà des informations quant à la couleur générale de votre illustration.

Mais il peut être intéressant de définir un peu plus les choses en définissant la couleur relative des objets qui constituent votre image.

N’oubliez pas que la lumière peut être un bon moyen pour guider l’œil du spectateur et créer une ambiance rapidement à votre image.

Alors abusez-en !

Étape 6. Peindre !

Une fois toutes ces grandes étapes défini, vous pouvez réellement passer à l’étape de la peinture.

Pour ma part, j’aime faire ma mise en couleur sur un calque séparé. Je re-crée des calques régulièrement ce qui me permet de pouvoir revenir en arrière facilement en cachant le calque le plus récent.

Évidement, si vous êtes en peinture traditionnelle, c’est plus compliqué et vos choix seront définitifs 😉
Quelque conseils cependant.

Conseils pour commencer son speed painting

Oubliez les détails !

Une des astuces que j’utilise le plus, c’est de dézoomer au maximum.
Tant que votre illustration est lisible et compréhensible en petit, elle sera lisible en taille réelle.

Cette technique vous empêchera de perdre du temps sur des détails qui, de toute façon ne se verra pas sur votre illustration finale.

Plus votre illustration avancera et plus vous pourrez petit à petit zoomer et rajouter des détails qui apporteront vraiment à votre illustration.

Dans le même ordre d’idée, vous pouvez aussi utiliser un pinceau (ou une brosse si vous êtes en dessin traditionnel) plus gros en début d’illustration puis petit à petit réduire la taille de votre pinceau, afin d’ajouter linéairement des détails.

Cela vous permettra d’arrêter votre speed painting à tout moment et de garder lisible un maximum d’information à l’image.
Tous les détails que vous rajouterez par la suite devront être -idéalement- des détails qui apporteront du sens à votre image.

Expérimentez !

Vous l’aurez compris, il n’y a pas vraiment de « recette à suivre » pour vous entraîner aux speed paintings.

Quand s’arrêter ?

Le speed painting étant à l’opposé de l’illustration défini et réfléchit, il peut être compliqué de s’avoir quand un speed painting est considéré comme « fini ».

Il faudrait -idéalement- s’arrêter ni trop tôt sous peine d’avoir un dessin peu compréhensible, mais pas non plus trop tard… à moins que vous souhaitiez en faire une véritable illustration finalisée à part entière

Pour ma part, une de mes recettes serait de m’arrêter… dès que je ne m’amuse plus !
C’est ce qui marche le mieux pour moi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *