Pourquoi vous n’arrivez pas à dessiner d’après imagination

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Bon. Vous commencez à avoir un petit niveau, vous vous êtes perfectionné petit à petit et vous pratiquez régulièrement.

D’ailleurs, recopier la réalité du monde réel fait partie les choses que vous maîtrisez à peu près. La copie ne vous fait plus peur et vous maîtrisez peut-être même un logiciel de dessin tel que Photoshop.

Et pourtant, malgré tout, vos créations d’imagination semblent être fait par un enfant…

Seulement voilà, un problème subsiste : comment dessiner d’imagination ?

Différence entre DESSIN d’imagination et DESSIN d’Observation

Avant toute chose, comprenez que observation et création ne suivent pas le même fonctionnement mental.

Le dessin d’imagination, à l’inverse du dessin d’observation, d’étude, de copie (ou académique), n’utilise pas les mêmes schémas de pensée dans notre cerveau, et surtout ne réclame pas les mêmes connaissances.
Vous pouvez très bien dessiner à la perfection un nu académique où on apercevrait la structure des muscles et du squelette du modèle sans pour autant comprendre l’anatomie.

Le dessin d’imagination, n’est plus une simple activité de copier-coller d’éléments qui nous entoure.

Votre observation n’est pas encore assez précise

Il est impossible de savoir dessiner un lion si vous n’en avais jamais réellement observé un. Et si votre « oeil », votre observation ne vous le permet pas, alors soyons clair : vous ne pourrez pas dessiner d’après imagination si vous n’avez pas un bon niveau d’observation.
C’est pourquoi la formation « Apprendre le Dessin d’Observation » est LA formation que je commence à la plupart des artistes.

Apprendre le Dessin d'Observation

La méthode pour maîtriser rapidement et efficacement les fondamentaux du Dessin d’Observation. Il y a de grandes chances que ce soit par cette formation que vous devriez commencer.

Ne sous estimez pas le dessin d’observation. C’est l’erreur principale que font les artistes ! N’oubliez pas : un bon niveau d’observation est indispensable. J’en parle ici.

Quand vous dessinez, vous ne vous posez pas les bonnes questions

Lors de vos prochaines séances d’études, il va falloir mieux comprendre ce que vous recopiez et non plus simplement copier comme une imprimante. Pour cela, la méthode de prise de mesure ou même l’horrible technique de la grille risque d’avoir ses limites.
La prochaine fois que vous suivez un cours de modèle vivant posez-vous les bonnes questions. “Quel est ce volume que j’aperçois à cet endroit ? Et ce creux ici ? Ces lunettes sont-t-elles en perspective ? Où est placée la ligne d’horizon ? Le point de fuite ? ”. Il en va de même lors de votre prochaine étude de décor. « Pourquoi la couleur de cette montagne est-t-elle plus claire que celle-ci ? » Et quelles sont les masses qui composent cet arbre ? »

Certes, vous risquez un peu de perdre vos repères et vos productions risquent de stagner voir de régresser. Les résultats ne vous sembleront plus au rendez-vous… mais cela ne veut pas dire que lors de votre prochain painting d’imagination, vous n’aurez pas acquis certaines choses et que cela ne se ressentira pas dans votre progression de l’apprentissage du dessin !

Je vous conseille aussi de lire l’article « 8 questions à se poser lorsque vous dessinez » sur le sujet. Cela devrait vous aider.

Votre projection mentale n’est pas assez précise

La projection mentale, c’est votre capacité à imaginer une scène en fermant les yeux. Logiquement, nous sommes tous plus ou moins capable de faire ça (sauf quelques personnes atteintes d’aphantasie). Mais la précision à laquelle vous serez capable d’imaginer votre scène influencera directement la facilité avec laquelle vous aurez de dessiner votre illustration.

C’est un des exercices que je fais faire à mes élèves de la formation gratuite « 5 Jours pour bien débuter en dessin« . Je vous conseille de la suivre. Elle vous donnera un coup de pouce pour bien débuter dans votre apprentissage.

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Vous n’utilisez pas CORRECTEMENT vos références

Vous l’aurez sûrement remarqué, dessiner sans modèle est extrêmement compliqué.

Prenez une feuille et un crayon et sans l’aide de Google, dessinez un lion bondissant sur sa proie.
Pas si facile n’est-ce pas ? Et c’est normal.
Votre mémoire visuelle est limitée.

Il est donc compliqué pour vous de vous projeter, puis de passer au crayonné de ce fameux lion.

Alors pourquoi ne pas utiliser la meilleure mémoire visuelle qui soit : Google Image.

Attention cependant à respecter certaines règles de base.
– N’utilisez que des photos ou des photos de sculptures académique (pas de 3D, dessin, etc.)
– Veillez à avoir une référence assez grande. Si besoin est, demandez à Google de n’afficher que des grandes images en cliquant sur « Outils ».
– Évitez les photos flous (mise au point mal placée, flou artistique ou flou de mouvement)

Evidemment, vous pouvez utiliser d’autres sites tels que Pinterest ou des sites de Photos libres de droit tels que istockphoto ou fotolia.

Au final il ne nous reste pas beaucoup de photos références exploitables

Quand vous re-tenterez l’expérience du dessin d’imagination, testez ce petit exercice :

Imaginons que vous souhaitiez dessiner un chevalier au pied d’une montagne. Une fois que vous aurez amassé toutes les images que vous utiliserez en tant que références pour votre objet ou vos personnages et décor, observez les biens une à une, puis cachez-les.
Allez vraiment dans le détail. Soyez curieux, essayez de comprendre pourquoi les choses sont ainsi.

Lors de cette étape, la compréhension et la curiosité est la clé.

Commencez votre painting méthodiquement. Étape par étape.

Dès que vous vous retrouverez à cours de connaissances ressortez vos références. Si vos références ne répondent pas aux questions que vous vous posez « Comment est positionné la main droite de mon personnage si il tient une lance ? » ou « A quoi ressemble une montagne en contre-plongé ? Comment représenter les matières qui constitue cette montagne ? », c’est qu’il vous faut de nouvelles références.
Vous ne pouvez pas projeter mentalement ce que vous n’avez jamais visionné !

Vous trouverez de nombreuses références sur deviantart à la section « ressource stock », ou en cliquant ici.

Si vous rencontrez des difficultés lors de vos premiers essais, ne voyez pas ça comme un échec. Même les artistes confirmés en ont.
Cela veut tout simplement dire que vous devez travailler votre projection mentale : la capacité à imaginer précisément et sous tous ses angles des objets, décors et figures humaines.

1. Vous n’utilisez pas de références

Vous devriez toujours utiliser des photos références. Et c’est encore plus vrai si vous êtes un artiste débutant !

C’est ce qui vous permettra à coup sûr d’avoir un dessin sensible ainsi qu’une véritable justesse dans votre dessin. Qu’on soit clair : il n’est pas honteux d’utiliser des photos de références. Même les plus grands artistes en utilisent.

Utilisez des références pour tout : anatomie, cadrage, composition, design d’objets, ambiances colorées mais aussi types de lumières (lumières directionnelles ou ponctuelles, colorées, directe ou indirecte etc..)

Vous pouvez même utiliser un carnet de croquis spécial pour prendre des notes sur vos références afin de bien les comprendre et de les mémoriser.

2. Vous ne comprenez pas ce que vous dessinez

Si vous n’avez pas réellement comprit les détails que vous recopiez, cela veut tout simplement dire que vous n’avez pas encore acquis certaines bases en dessin. Cependant, cela veut aussi dire que votre oeil est très efficace. En somme, vous êtes un très bon observateur et c’est un très bon point !

3. Vous n’avez pas retenu ce que vous avez dessiné

Il est tout à fait possible que vous l’ayez compris, mais que vous ne l’ayez pas encore retenus. Auquel cas, pas de panique, forcez-vous à redessiner de tête en utilisant un minimum de références. À la place utilisez votre bibliothèque mentale (ou votre visualisation). Cela vous demandera plus d’efforts et de concentration, et vos dessins comporteront peut-être plus de défauts, mais une fois terminé, faites des recherches de références pour vous corriger.

Retenir par coeur vous permettra d’utiliser de moins en moins besoin de références. Cette technique est particulièrement utile si vous travaillez votre anatomie.

Simplifier pour mieux retenir

Une autre méthode pour pouvoir retenir plus facilement consiste à simplifier la réalité (un corps humain, un objet complexe, un élément organique ou des informations de couleurs). Utilisez des formes géométriques simples pour représenter l’anatomie par exemple est un très bon moyen de mieux retenir l’anatomie humaine.

Cela vous permettra aussi de mieux manipuler vos volumes dans un espace en trois dimensions.

Si vous avez des difficultés avec le fait de manipuler des formes géométriques dans un espace 3D vous pouvez aussi un logiciel de modélisation 3D type Blender ou Google Sketch Up.

Une fois après avoir mémorisé les formes globales, il vous sera plus simple de retenir une image mentale, et même aller jusqu’à une scène entière pour ensuite rajouter des détails.

4. Vous mixez plusieurs références entre elles

À l’inverse vous fusionnez plusieurs références (ce qui est bien), mais vous vous reposez trop sur elles afin de créer votre image.

En somme, vous ne faites que reproduire ce que vous voyez en face de vous. Résultat : un dessin bancal, pas du tout maitrisé et qui ne correspond pas du tout à ce que vous imaginiez « Je n’ai pas trouvé de références pour mon vaisseau en contre-plongé, alors je l’ai fait de profil« .

5. Vous n’avez pas de méthodologie

Un des gros problèmes quand on est débutant. Vous ne savez pas vraiment par où commencer… « Pourquoi ne pas commencer par le visage de mon magicien ? »

Hmm.. mauvaise idée.

 

Travailler de cette manière, plus dans la « projection » que dans l’utilisation de votre mémoire à court terme vous permettra à terme, de développer votre style personnel, mais d’arriver beaucoup plus facilement à visualiser mentalement toutes les facettes de votre illustration. Petit à petit cela deviendra une seconde nature.

Vous pourrez vous déplacer dans votre environnement « virtuel », comme si vous étiez dans un espace en trois dimensions.

En somme vous serez plus libre de dessiner ce que vous souhaitez, sans dépendre d’une photo de référence.

Tout ceci s’apprend, ce n’est pas inné. Cette méthodologie, c’est d’ailleurs ce que j’enseigne dans la formation « Illustrer des images qui ont du sens« .
On voit exactement étape par étape COMMENT passer d’une projection mentale flou à un dessin sur papier.

Illustrer des images qui ont du sens.

Une méthode étape par étape pour savoir QUOI représenter en fonction de ce que vous voulez faire comprendre et faire ressentir.

Quelques conseils pour dessiner sans modèles

Privilégiez les poses courtes lors de vos séances de modèles vivants

Un bon exercice pour travailler sa mémoire visuelle est de regarder une pose pendant 1 minute, puis de la redessiner en cachant votre référence. Prenez tout le temps nécessaire.
Plus vous ferez cet exercice, plus vous aurez de facilité et donc plus vous aurez retenu de choses… pour à la fin n’avoir plus vraiment besoin de références et avoir un geste plus sûr.

Exemple de croquis réalisés avec cette technique

Privilégiez les activités qui favorisent l’imagination

Exercez au maximum votre projection mentale en privilégiant les activités qui favoriseront votre imagination.
Lecture, jeu vidéo (sans graphismes trop réaliste), Jeu de Rôle etc… vous permettra de voir plus précisement les scènes et ainsi de les illustrer.

Vous pouvez aussi rejoindre « Avoir de l’imagination et trouver son style« . Je vous y partage pléthore de conseils, exercices et astuces pour ne jamais être face à la page blanche et ainsi exercer votre projection mentale.

Je vous partage aussi dans cet aticle, les activités qui améliorent votre dessin sans dessiner.

Apprenez les règles de la narration dans l’image

L’illustration est un langage. Quand vous dessinez une scène, vous voulez que le spectateur comprenne ce qui s’y passe.
Il vous faut donc parler le même langage que le spectateur. C’est ce qu’on appelle la narration.

On ne crée pas une illustration qui raconte quelque chose à l’instinct. Au contraire. A la manière de l’apprentissage de la poésie, il faut apprendre à écrire des lettres, des mots, puis la conjugaison, les figures de styles etc…
Il en va de même pour le dessin.

Les règles de narration sont assez complexe, mais je les ai regroupées dans la formation « Illustrer des images qui ont du sens« .
Vous pourrez ainsi vos y référé si vous voulez être compris lorque vous créez une illustration.

Faites le bilan

Une fois que vous avez finis un dessin -qu’il soit d’observation ou d’imagination- prenez quelques minutes pour faire le bilan de ce que vous avez appris. Pourquoi d’ailleurs ne pas l’écrire sur votre blog ou votre galerie Artstation, deviantart etc ?
Avoir un texte écrit de quelques lignes sur internet pourrait vous êtes utile si vous retombez dessus plusieurs années plus tard, mais pourrait aussi aider quelqu’un d’autre.

EN CONCLUSION

Voyez le dessin d’imagination comme un nouveau challenge de votre apprentissage du dessin. On ne repart pas de zéro, mais presque, car cette fois-ci, vous avez un avantage de taille : vos yeux fonctionnent bien.
Ainsi, quand vous aurez commencé à comprendre quelques notions utiles au dessin d’imagination votre production risque de s’améliorer de manière fulgurante, alors ne vous découragez pas, car vous êtes à deux doigts de pouvoir proposer au monde votre vision.

Ce serait bête d’abandonner maintenant.

Espace commentaire

3 réponses
  1. « 4/ PRIVILÉGIEZ LES POSES COURTES LORS DE VOS SÉANCES DE MODÈLES VIVANTS »

    Actuellement mon école d’art propose des poses de modèles vivants allant de 30 minutes jusqu’à… 2 heures !! C’est énorme, à mon arrivée j’avais du mal à saisir l’intérêt d’un tel temps de pose (Au détriment de la dynamique qui me stimule énormément et me pousse à rendre le croquis le plus juste en le moins de temps possible). Aujourd’hui encore je me pose cette question. Selon l’enseignement, c’est une façon d’apprendre à observer et comprendre ce qu’on dessine, en s’attardant sur les détails du sujet. Mais je trouve ça dommage de « gâcher » la présence d’un modèle vivant avec une pose statique qui dure autant de temps. Je trouve que ça pousse surtout les élèves à passer trop de temps sur un seul et même dessin, et à justement s’enfoncer dans/accumuler les erreurs sans s’apercevoir qu’il fallait s’arrêter avant.

    Voilà quelque chose qui me chagrine assez et m’encourage à trouver satisfaction dans les « modèles vivants du quotidien », c’est-à-dire dans les moyens de transport, dans la rue, à la maison… N’importe où ! C’est assez motivant de se dire qu’une personne pourrait changer de pose ou disparaître au bout de peut-être quinze minutes ou bien dix secondes, et que je dois dessiner le croquis le plus juste pendant cette portion de temps que je ne connais pas d’avance. Je crois que mes meilleurs croquis ont été faits dans la hâte provoquée par cette « contrainte » de temps.

  2. Très bonne idée d’article, sur un sujet qui n’est pas facile du tout.

    Actuellement, je tente l’expérience de faire quelques études d’après référence puis de redessiner dans la foulée ce que je viens d’étudier, mais sans ref. Malheureusement, je ne le fais pas depuis assez longtemps pour voir si ça stimule vraiment ma mémoire visuelle.

    Mais j’essaierai également de « regarder une pose pendant 1 minute, puis de la redessiner en cachant votre référence.  » qui me semble un excellent exercice !

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